Montréal, 2 février 2002  /  No 97  
 
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LES PRIX BÉQUILLE
  
     Les Prix Béquille sont décernés aux pleurnichards qui ont fait parler d'eux en quémandant et/ou en obtenant une protection spéciale de l'État, des subventions, des entraves à la compétition, etc., ou en prônant une plus grande intervention de l'État quelle qu'elle soit. En bref, à ces pauvres éclopés incapables de se tenir sur leurs deux jambes comme le font les individus libres et responsables.
 
 
LA BÉQUILLE D'OR  
au premier ministre Bernard Landry, qui a donné un nouveau sens au concept de « prolifération cancéreuse » lors de son dernier remaniement ministériel. Son cabinet, le plus imposant de l'histoire du Québec, compte maintenant 36 ministres et secrétaires d'État, soit plus qu'il ne reste de simples députés sur les banquettes gouvernementales. Difficile de trouver quoi que ce soit de rationnel dans ce fouillis nomenclatural (pour tenter d'y voir plus clair, on peut consulter la liste que nous avons compilée lors de son remaniement d'il y a un an: CABINET LANDRY: LA NOUVELLE NOMENCLATURE MINISTÉRIELLE, le QL, no 79). Pourquoi André Boisclair est-il à la fois ministre de l'Environnement et ministre d'État à l'Environnement et à l'Eau? Pourquoi a-t-on en plus besoin d'un ministre délégué à l'Environnement et à l'Eau, Jean-François Simard? Pourquoi avoir des ministres qui s'occupent de l'eau tout court?!?! Et d'autres qui s'occupent de l'habitation, des mines, du loisir, de l'enfance, des femmes, des aînés et de la population en général? Pourquoi pas un ministre du sexe, du jardinage, des hommes ou des montagnes? On sait ce qui arrive aux organismes atteints de cancer. Le plus tôt sera le mieux. 
  
 
LA BÉQUILLE D'ARGENT
à Gabriel Gagnon, éditorialiste de la revue Possibles, un autre torchon nationalo-gauchiste subventionné qui célèbre son 25e anniversaire ce mois-ci. Le présent numéro propose comme thème rien de moins que de « refonder la société québécoise », fantasme typiquement collectiviste de « visionnaires » crackpots qui souhaitent imposer leur vision totalitaire. M. Gagnon se demande dans ce numéro s’il y a « encore de la place pour une revue comme la nôtre », dans un monde où « l’avènement de la pensée unique » aurait considérablement réduit le rôle de l’intellectuel critique. Pourquoi ces doutes? Parce que, écrit-il, le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec « cherchent à nous exclure de l’univers de la culture subventionnée ». Pauvre ‘tit M. Gagnon, les bureaucraties de la culture ne veulent plus lui permettre de « résister à la dictature de la rationalité économique qui fonde la pensée unique ». Ça doit sûrement être la faute des méchants capitalistes! Mais si la « rationalité économique » constitue vraiment une telle menace à « la part de rêve que dévoilent pour nous les écrivains et les artistes », pourquoi ne pas en faire abstraction et gérer votre feuille de choux sans téter de fonds publics? Ça deviendrait une oeuvre pure de l’esprit, libéré des contraintes économiques. On connaît la réponse: parce que personne n’est prêt à payer et à sacrifier quoi que ce soit pour répandre et partager ce « rêve », outre la poignée de parasites qui palabrent inutilement à nos frais.  
(Source: Le Devoir) 
  
  
LA BÉQUILLE DE BRONZE
au président du Comité national (sic) des jeunes du Parti québécois, Pascal Bérubé, qui réclame l'intervention de l'État pour régler les soi-disant problèmes de la concentration de la presse. Selon le président des ti-culs péquistes, « les capitalistes, bien avant d'avoir une éthique, ont des intérêts, [et] entre le laisser-aller du marché et l'État, le moindre mal, c'est l'État. Je préfère voir l'État travailler à régulariser, à normaliser la presse que de laisser ça à l'entreprise privée. » M. Bérubé déplore le fait que la presse au Québec ne fasse pas suffisamment de propagande séparatiste à son goût. « Je suis convaincu que la presse au Québec, c'est un adversaire objectif du mouvement souverainiste, une certain presse concentrée avec des intérêts et un "agenda" politiques. » Le Comité des ti-culs recommandera donc notamment, au prochain Conseil national (sic) du PQ, la création d'un « Conseil pour la diversité de l'information » doté de pouvoirs de régie ainsi qu'un soutien financier accru aux parasites nationalo-gauchistes des médias communautaires et autonomes. C'est bien évident qu'il y aurait beaucoup plus de « diversité » si tous les médias étaient nationalisés et recevaient leurs directives du ministre national de l'Information, incarnation nationale des différentes opinions de la nation...  
(Source: La Presse) 
  
 
 
 
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