Montréal, 5 août 2000  /  No 65
 
 
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COURRIER DES LECTEURS
  
LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE...
CHACUN SA DÉFINITION!
  
  
          La « liberté individuelle » brimée dont vous parlez est celle de ceux qui paient des impôts. Ceux qui, comme vous dites, se vont voler de l'argent par l'État. D'accord. Mais les autres? Ceux qui veulent être libre et faire ce qu'ils veulent avec LEUR CORPS ET LEUR ESPRIT? 
  • Ceux qui veulent traverser la rue sans avoir à obéir à un feu rouge? 
  • Ceux qui veulent vivre sur la terre de leur choix sans crainte de se faire expulser parce que: « pas son pays, pas son terrain? » 
  • Ceux qui veulent peindre leur tableau sur le mur de leur choix? 
  • Ceux qui veulent baiser, se crosser tranquille sur leur balcon le matin? 
  • Ceux qui veulent se promener nu dans la rue? 
  • Ceux qui ne veulent pas travailler? 
  • Ceux qui veulent se promener avec leur 357 magnum? 
  • Ceux qui veulent pouvoir se faire une « track » sur une terrasse de restaurant? 
  • Ceux qui veulent vendre de la drogue? 
  • Ceux qui veulent lancer des tartes à la crème à qui bon leur semble?...
 
          Je vous entends déjà: Meuunon!!! Ce n'est pas fin tout ce que tu as écris là!!! Il faut bien un peu de mooooorale! Car la morale, ce n'est pas tout le monde qui l'a voyons! Il faut bien un bon « Stockwell Day » pour remettre tous ces brebis égarées dans le droit chemin! Allez allez!! Tous à la messe le dimanche!  
  
          Et aussi, il y a le DROIT DE PROPRIÉTÉ...!  Haaaa!! D'accord, donc c'est la liberté des bourgeois que vous défendez... Comme c'est grandiose et courageux!!! Celui qui est né d'un médecin de Ville Mont-Royal a tout le mérite de garder les sous de son héritage (sans impôt), mais celui qui est né dans la misère... qu'il ne vienne pas piler sur le gazon de la maison à poupa...  
  
          Votre « libertarianisme » n'est rien d'autre qu'une sorte d'« anarchisme pour bourgeois ». Vive la propriété individuelle car elle est toujours légitime voyons! Et ceux qui veulent se promener dans les parcs après minuit, ben voyons! C'est tous des maudits punks! C'est nous qui l'avons la vérité!! Tant qu'il n'y a plus d'impôt, nous sommes libres!!! (...), etc.  
  
          Tant mieux pour vous si c'est ça être « libre »... Ou vous n'êtes pas difficile, ou vous êtes des bourgeois opportunistes... Ou vous devez changer votre allusion à la « liberté individuelle ». Je m'excuse mais.... c'est beaucoup trop large!  
  
Dominic Claveau
Montréal
 

 
 
UNE HISTOIRE D'HORREUR PARMI TANT D'AUTRES
 
 
Chère Brigitte, 
 
          Votre billet « GBQ: Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas » (voir le QL, no 64) n'est qu'une nouvelle histoire d'horreur parmi tant d'autres. 
  
          Le contenu m'a moins troublé que la forme et le ton. Dire qu'il ne faudrait pas faire une chose parce qu'elle est coûteuse et qu'on a peut-être d'autres priorités, c'est un geste qui a du bon sens. Moi ce que je n'ai pas aimé, c'est de voir dénigrer (par quelqu'un d'aussi académiquement cultivée que vous) le travail des architectes et de ceux qui ont à coeur la cu-culture.  
 
          La société québécoise c'est là que j'ai été élevé et éduqué mais quand est venue l'heure de travailler, il n'y a pas un patron québécois qui voulait de moi (faudrait peut-être jeter un coup d'oeil sur leur façon d'agir: engagement quasi permanent de contractuel, absence de formation permanente en entreprise, etc.), mais un Albertain red neck saskatchewanais d'origine m'a fait venir à Calgary en avion à ses frais pour me donner une bonne job et la meilleure technologie.  
  
          La culture c'est tout ce qu'il me reste du Québec et mon comfort actuel n'éteint pas le vif souvenir que j'ai de la misère des BS dont je fis partie. Aussi je suis bien sûr de l'existence de la culture québécoise et de l'importance de la préserver, pour le reste nous vivons dans des dictatures électives où les élus font bien ce qu'ils veulent – il n'y a rien de nouveau là-dedans. Et de toute facon, cet argent sera en bonne partie dépensé au Québec. Ce n'est que de l'argent après tout. 

          Bye, 
  

Pierre Schaefer
Alberta
  
 


 
 
AVEC L'ÉLOQUENCE D'UNE BOÎTE DE POP TART
  
  
          Mais par quel sinistre hasard suis-je tombé sur votre site? Anyway, ne parvenant pas à dormir, je me suis risqué à lire votre section QU'EST-CE QUE LE LIBERTARIANISME?. Comme vous dites, probablement que je « patauge encore dans les marécages idéologiques où l'humanité s'est embourbée depuis des millénaires » 
  
          Bon. Pour blaster votre journal ou votre idéologie, disons que je ne saurais par où commencer. Je vais toutefois commenter un de vos passage: 
          Même s'ils prétendent se préoccuper des problématiques à long terme, ces frustrés [NDLR: les gauchistes « conscientisés »] ne visent qu'une seule chose: un bouleversement social et politique immédiat qui apportera un progrès instantané et leur enlèvera le poids de cette conscience intolérable. Mais quoi qu'il arrive, ils sont de toute façon difficilement capables de se défaire de cette attitude. Dès qu'un problème semble se régler ou devenir moins urgent, ils se dépêchent à se conscientiser et à s'impliquer dans une autre cause, question de ne pas se laisser aller à ce qu'ils croient être de « l'indifférence » devant la souffrance du monde, c'est-à-dire une attitude saine et réaliste devant le peu d'influence qu'on peut avoir sur le sort du monde et une préoccupation première pour son propre sort.
          La belle affaire!!! Y'a un massacre au Timor Oriental? Y'a un trou gros d'même dans la couche d'ozone? Le monde crève de faim en Afrique? Boffff! Après tout, il s'agit d'une attitude « saine et réaliste » de s'en sacrer (devant notre peu d'influence qu'on peu avoir sur le sort du monde) et de s'occuper de son propre cul. Anyway, les p'tits Timorais, y'ont rien qu'eux autres à blamer, c'est leur choix de se taper dessus, qu'ils n'aillent pas accuser le système! Pour ce qui est de la couche d'ozone, ben coudonc, voyons l'aventure humaine avec optimisme, comme vous dites avec l'éloquence d'une boîte de Pop Tart... 
  
          De toute façon, on vit dans un « système en perpétuel déséquilibre et en perpétuel mouvement de rééquilibrage, et il n'y a donc aucune raison de se désoler du fait que nous ne soyons pas encore parvenus à créer un monde parfait. » Bref, soyons réalistes, on ne changera pas le monde aujourd'hui et en attendant, cherchons des nouvelles façons de se centrer encore plus sur nous-mêmes... 
 
          Et ceux qui cherchent des façons de changer les choses rapidement (on pourrait dire que ceux-ci n'ont pas perdu leur capacité de s'indigner devant la misère humaine) ne sont en fait que des « aliénés de la vie qui sont "conscientisés" »... 
André Bernard
 
 


 
 
RIFKIN N'EST PAS UN TECHNOPHOBE
 
 
M. Masse, 
  
          L'affirmation d'un de vos chroniqueurs, Pierre Desrochers, laisse pantois! (voir LA FIN DU TRAVAIL, UNE ABSURDITÉ, le QL, no 64) Rifkin est loin d'être un technophobe, lui qui préside à une compagnie de recherche et développement dans l'ingénierie génétique à la fine pointe du décodage du génome humain! 
  
          C'est pourtant une évidence: le sous-emploi systématique a crée une nouvelle classe d'aristocrates, mais cette fois pauvre, laissée pour compte dans les statistiques officielles du chômage, lequel sinon, augmenterait de 10% d'un seul coup!  
 
Pierre François Gagnon
 
Réponse de Pierre Desrochers: 
  
Monsieur Gagnon,  
  
          Rifkin et son « think thank » n'ont jamais rien créé. Ils ne font que traîner en cours les entreprises travaillant sur les OGM et le clonage.  
  
P. D.  
  
  


 
 
MARIJUANA IN YOUR LAWN
  
  
          The Ontario Court of Appeal has recently delared that the marijuana possession laws are unconstitutional. Parliament has 12 months in which to appeal the decision or change the law, otherwise the law becomes invalid and anyone who wants to grow or possess marijuana will then be free to do so. 
  
          The law enforcement agencies are responding differently. They will still lay charges against persons cultivating or possessing marijuana. In fact, law enforcement against marijuana possession is going to increase, across both Canada and the United States. This form of action could force the marijuana trade to look for alternatives to sell and produce their product. 
  
          Marijuana is very closely related to the hemp plant, except that the hemp plant produces very little THC, the active ingredient in marijuana that provides the users with the effect they seek. Due to the duplication of genes between the marijuana cannabis plant and the hemp plant, it becomes possible to identify, even isolate the gene that causes THC production. The underground drug trade already owns sophisticated laboratories to undertake just such a discovery. 
  
          After isolating the THC gene, the underground research will then try to incorporate it into the DNA of other plant types, like cabbage, ragweed, dandelion, sunflower leaves or even pumpkin leaves. Research has already put a spider gene into a cow, allowing it to produce spider silk in its milk. So it is quite possible for THC to be produced in the leaves of cabbage, dandelion or pumkin plants, or practically any other vegetation which has leaves. 
  
          The underground drug industry will do this to avoid detection by the law enforcement agengies, who will soon not know which plants exactly can have been genetically modified to produce THC. Before long, the police will drop by people's homes to collect their lawn clippings everytime they mow their lawn, just in case the clippings contain THC. Or it may become illegal to mow your lawn or remove weeds from your garden; that will become the exclusive job of the police. And this is exactly what Allan Rock's Department of Justice will do once they realise that practically any known plant can be genetically modified to produce THC in its leaves. His department will not do the sensible thing and repeal the drug laws... his bureaucrats would prefer to impose greater restrictions on the freedoms of greater numbers of citizens. 
  
Harry Valentine
Ontario
 
 

 
 
LA CONCURRENCE DANS L'ÉDUCATION

          Vous avez piqué ma curiosité. J'ai appris votre existence via le reportage au Point de Radio-Canada. J'ai quelque peu lu votre site et je crois comprendre, un peu, ce qu'est le libertarianisme. J'ai néanmoins quelques questions. 
  
          J'ai lu votre exposé sur ce qu'est le libertarianisme (voir QU'EST-CE QUE LE LIBERTARIANISME?) et en particulier celui qui parle de 5 attitudes. Je suis d'accord avec ces 5 attitudes mais... Dans l'article de M. Masse « ANATOMIE D'UN PARTI DE DROITE » (voir le QL, no 64), il parle d'un exemple, celui de privatiser l'école. C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup puisque j'ai un garçon qui sera à l'école dans quelques années. Lorsqu'il dit: 

          La solution libertarienne est bien sûr de privatiser le système d'éducation et de permettre aux parents d'envoyer leurs enfants là où ils veulent, dans les écoles libres qu'ils choisiront, avec la méthode d'enseignement et le contenu qu'ils jugeront appropriés.
          Comment est-ce que l'idéologie libertarienne garantit que ça va marcher. Quelles sont les règles ou sauvegarde qu'on peut mettre en place? Par exemple, votre définition de M. et Mme Tout-le-Monde qui sont conservateurs mais pas « extrême-droite religieux » veulent probablement une école comme vous le proposez. Mais comment me garantir que les « extrême-droite religieux » ne vont pas noyauter toutes les écoles et m'empêcher d'avoir mon école à moi, celle où on est à droite conservateur, mais pas à l'extrême-droite religieux? 
  
          Le même problème arrive présentement où les gauchistes socialistes (souvent nationalistes), noyautent l'école et, par exemple, enseignent une histoire quelque peu « modifiée » à nos enfants. En somme, avec cette exemple, je veux savoir jusqu'où va l'attitude d'enlever les limites de l'État ? 
  
Nicolas Duchastel de Montrouge, ing.
  
  
Réponse de Martin Masse: 
  
Bonjour Monsieur Duchastel de Montrouge,  
  
          Merci pour votre intérêt pour le QL 
  
          Pour répondre à votre question, la philosophie libertarienne ne peut rien garantir quant à des objectifs économiques ou sociaux à atteindre – c'est là une illusion des étatistes utopistes qui promettent des solutions toutes faites –, elle vous offre autre chose: la liberté de choisir, et un système où la concurrence vous permettra d'avoir un pouvoir sur l'offre de service.  
  
          Vous mentionnez le noyautage des écoles par des éléments socialistes et nationalistes. Mais ce noyautage se fait dans un système d'éducation monopolistique contrôlé par le gouvernement et où vous n'avez pratiquement pas de choix. L'État détermine les finances, le curriculum, le nombre d'enfants par classe, le salaire et les qualifications des enseignants, etc. Vous ne pouvez pas aller ailleurs si ça ne convient pas, vous êtes prisonnier du système. Si le gouvernement soutient une idéologie en particulier qui ne vous plaît pas, vous n'avez pas le choix de l'accepter. 
  
          Dans un système d'éducation entièrement privatisé, la situation serait tout autre. Des entrepreneurs offriraient divers types de « services d'éducation » selon les besoins et les désirs de diverses « clientèles » parentales. Pourquoi? Pour la même raison qu'il y a des vêtements de toutes sortes de styles, ou des restaurants qui offrent des menus de diverses traditions culinaires: parce que c'est la seule façon pour eux d'attirer des clients qui n'ont pas tous les mêmes goûts.  
  
          Nous ne voyons pas les choses de la même façon parce que nous avons été conditionnés à croire que l'éducation, « c'est trop important pour être laissé au marché ». En fait, c'est trop important pour être laissé dans les mains d'une bureaucratie monolithique. 
  
          Dans un système de concurrence, tout est théoriquement possible, mais il n'y a pas vraiment de crainte à avoir que l'école de votre enfant – disons, une école offrant une éducation d'inspiration conservatrice – sera noyautée par des groupes extrémistes de gauche ou de droite. D'abord, l'école sera dans les faits une entreprise, avec des patrons imposant une ligne directrice correspondant au service offert, et un personnel choisi en conformité avec cette ligne directrice. La seule façon pratique de « s'infiltrer » serait alors d'acheter l'école. 
  
          Admettons qu'un groupe religieux fondamentaliste ou ultranationaliste achète l'école de votre enfant et décide de changer le type de service éducatif offert. Il se passera alors la même chose qu'il se passe dans n'importe qu'elle entreprise qui ne sert plus adéquatement ses clients: elle va les perdre! D'autres entreprises éducatives viendront vous solliciter ou seront créées pour répondre à la demande de parents comme vous. Et l'ancienne école de votre enfant fera sans doute faillite si elle ne réussit pas à aller chercher de nouveaux clients. À moins d'avoir beaucoup d'argent à gaspiller, ce n'est donc pas dans l'intérêt de qui que ce soit de tenter de s'infiltrer ainsi dans une entreprise privée. 
  
          Bref, dans un système étatique monopolistique, les dirigeants peuvent imposer leurs choix à tous, comme c'est le cas aujourd'hui au Québec; au contraire, dans un système concurrentiel, LE CLIENT EST ROI. C'est vous qui décidez quel type de service vous voulez, qui payez pour l'avoir, et c'est dans l'intérêt de l'entreprise de bien vous servir si elle veut faire des profits. 
  
          Cordialement, 
  
M. M. 
 
 
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